Noogénèse, du grec noos = psyché (âme, esprit, pensée, conscience) et génèse = origine (formation, création, comme «la création du monde »), c'est un mot qui indique l'acte de la création de quelque chose de psychique.

Noosphère, aussi du grec noos = psyché (âme, esprit, pensée, conscience) et sphère (corps limité par une surface ronde), c'est un mot qui représente la nappe psychique née de la Noogénèse qui croît et enveloppe notre planète au-dessus de la Biosphère (masse d'êtres vivants qui couvre la surface du globe).

Lorsque l'Homme est apparu dans la nature, «au coeur des primates», il fleurit comme « axe et flèche de l'Evolution zoologique». Il était semblable aux autres animaux, sauf qu'il portait en lui une différence tout particulière : la capacité encore endormie de réfléchir. Dans le stade d'hominisation, les premiers hominiens avaient en latence un cerveau capable de réfléchir, mais un système nerveux encore primitif. Le mouvement dispersif du premier peuplement de la Terre ne favorisait pas la communication en s'agglomérant. Par la suite, cependant, pendant le début de l'étape de l'Homo Sapiens à l'aube de l'Age Néolithique, l'Humanité commençait à se rassembler en formant une ligne convergente sur la Terre ; le groupement est devenu nécessaire. Cette condition favorable a encouragé l'Homme à faire le pas de la réflexion. Alors un phénomène très spécial s'est produit : la naissance d'une nouvelle sphère planétaire, au-dessus de la Biosphère, la Noosphère. À ce processus de la création d'une nouvelle enveloppe planétaire formée tout entière par l'ensemble de la pensée humaine, on donne le nom de la Noogénèse.

Le résultat de la Noogénèse est donc la Noosphère, une couche plus mûre, épanouissante et définitive, faite par l'ensemble de la pensée de l'Homo Sapiens. Elle est ouverte à toute modification subtile depuis l'étage primitif jusqu'à ce qu'elle puisse abriter toutes les connaissances humaines, toutes les idées et technologies de plus en plus complexes voire toute la conscience planétaire.

Pour que le cerveau soit capable de cette absorption presque illimitée, et que la pensée humaine puisse se développer jusqu'aux temps modernes, il a fallu que l'Homme subisse quelques modifications essentielles dans son cerveau et dans son système nerveux. Dans le cerveau primitif, il y avait déjà certaines structures prêtes à se développer dans un mouvement semblable à celui de l'Évolution, un mouvement d'enroulement sur soi, caractérisé par deux formes spécifiques. Il faut différencier ces deux formes en soma, qui exprime le phénotype général, et en phrên, qui évolue en même temps, mais avec des rythmes et des fonctions différentes. De l'intérêt particulier est le phrên, mot grec qui se rapporte au psychisme, puisque c'est le psychisme humain qui va « nourrir » la sphère planétaire spéciale que l'on appelle la Noosphère.

Dès l'organisme peu complexe du poisson, ancêtre de l'Homme dans la branche des Chordates-Vertébrés de «L'Arbre de la Vie» on peut distinguer «deux zones particulièrement significatives de l'encéphale»: le cervelet , autrement dit « le petit cerveau » et les deux hémisphères cérébraux. Ce sont les zones qui ont évolué plus que les autres et que l'Homme possède dans une échelle d'une bien plus grande complexité, dans la grande ligne évolutive d'involution sur soi:

«Eh bien ce que nous apprend (sans même le secours de la Paléontologie) l'Anatomie comparée des formes vivantes, c'est que, de groupe en groupe, à partir des Poissons, deux zones particulièrement significatives de l'encéphale tendent à prendre le dessus sur les autres, c'est-à-dire à concentrer sur elles les progrès de la céphalisation : d'une part le cervelet, - et d'autre part, surtout, les hémisphères cérébraux ; ceux-ci prenant chez les Reptiles plus avancés (Oiseaux), et bien plus encore chez les Mammiphères (au moins à partir de certains paliers, et suivant certains phyla), un développement rapide, révolutionnaire, envahissant : jusqu'à monopoliser en quelque façon la cavité endocranienne, et à recouvrir le cervelet».

Evidemment le cerveau de l'Homme est déjà devenu bien équipé. Cependant, on peut se demander face à tant de forces de destruction en cette fin de millénaire si ce cerveau deviendra suffisamment complexe, suffisamment capable de réflexion dans le sens « noosphérique », pour illuminer la voie à l'avenir. Pour que l'Humanité puisse éviter son autodestruction à l'avenir; pour que la Noogénèse continue à progresser dans la bonne voie évolutive, verra-t-on une nouvelle compléxification ou orientation dans l'Esprit de l'Homme ? « L'Homme, ... axe et flèche de l'Evolution », deviendra-t-il plus compréhensif vers son Prochain et plus ouvert spirituellement vers la source de sa Création ? Choisira-t-il d'employer toutes les énormes ressources matérielles et technico-sociales de la planète pour créer plus de liens économiques, sociaux et spirituels, au lieu de se laisser capituler aux forces de répulsion et de désintégration ?

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